10e anniversaire de la campagne «Dans la marge jusqu’au cou!»

La 10e édition de la campagne annuelle de sensibilisation au crédit et à l’endettement « Dans la marge jusqu’au cou ! » se déroule du 25 au 30 novembre à la grandeur du Québec. À cette occasion, la Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ) et les associations de consommateurs tiennent à rappeler qu’elles sont une ressource neutre de premier plan pour soutenir les consommateurs en matière de gestion budgétaire et de crédit. Elles unissent leur voix pour lancer un appel à la population : n’attendez pas d’être « dans la marge jusqu’au cou ».

« Dans les associations de consommateurs, il n’est pas rare de rencontrer des citoyens aux prises avec de graves difficultés financières, bien au contraire », affirme Mme Michèle Goyette, conseillère budgétaire et porte-parole de la campagne. « Trop souvent, les gens croient que tant que leurs demandes de crédit sont acceptées, ils n’ont pas de problèmes d’endettement. » Conséquemment, il est parfois déjà trop tard sur le plan financier lorsqu’une personne décide d’entrer en contact avec une association de consommateurs. Des solutions radicales s’imposent alors.

Un sondage maison, réalisé par la CACQ dans le cadre de la campagne et mené auprès de 538 répondants, révèle que la consolidation, la proposition du consommateur et la faillite sont les solutions aux dettes que 79,45 % des personnes interrogées connaissent le plus. « Malheureusement, ces trois démarches sont les plus radicales et sont inévitables en cas de dernier recours », soulève Mme Goyette. Elle explique pourtant que d’autres options moins extrêmes sont possibles pour gérer un problème d’endettement et qu’elles gagneraient à être connues. « La consultation budgétaire fait généralement réaliser aux gens l’ampleur de la situation et la planification budgétaire permet d’adopter de nouvelles habitudes de consommation. N’empêche, il faut que les consommateurs viennent nous rencontrer rapidement. Vaut mieux prévenir que guérir, comme on dit ! ».

« Toutefois, on ne rejette pas seulement la faute sur les consommateurs. » D’après la porte-parole de la campagne, les émetteurs de crédit renvoient la responsabilité uniquement au consommateur pour bien gérer l’utilisation du crédit, une situation que déplorent grandement les associations de consommateurs. À la CACQ, on parle de responsabilité partagée. L’émetteur de crédit doit évaluer la réelle capacité de remboursement des emprunteurs. « Ce n’est vraiment pas ce qu’on constate sur le terrain », précise la porte-parole de la campagne. Mme Goyette ajoute aussi que « les institutions financières n’ont pas comme objectif premier de faire de l’éducation aux finances personnelles, bien que le réflexe de plusieurs personnes endettées soit de rencontrer un conseiller de leur institution. » D’ailleurs, les résultats de l’enquête effectuée par la CACQ viennent appuyer ce fait. Concrètement, 48,8 % des répondants ayant déjà consulté pour des problèmes d’endettement se sont tournés vers leur conseiller financier et 55,8 % feraient appel à cette ressource en cas de besoin.

Une consommatrice a été confrontée exactement à ce type d’obstacles. C’est en désirant inciter les consommateurs à agir rapidement pour se reprendre en main financièrement que cette personne témoigne de son cheminement vers le surendettement : « Enfin un nouvel emploi stable. Voilà que je commence à accepter les offres de cartes de crédit pour m’acheter des meubles, avoir l’impression de vivre un peu mieux, mais sans me rendre compte que les dettes s’accumulent. C’est ainsi que je remplis les demandes de crédit tout en me disant que j’ai les moyens de rembourser. » Préférant rester dans l’anonymat, elle poursuit : « Arrive l’achat de ma première voiture neuve, je suis emballée ! Le vendeur m’annonce que je ne passe pas au crédit, mais qu’il y a une autre institution financière qui serait prête à me financer. Par contre, ce qu’il omet de me dire, c’est que le taux d’intérêt est beaucoup plus élevé. » Les difficultés se succédant, cela a poussé la consommatrice à se poser des questions sur son problème de surconsommation. « Pas question de demander de l’aide, j’avais la fierté de me débrouiller seule depuis longtemps dans la vie. J’ai finalement pris mon courage à deux mains et j’ai demandé à rencontrer un conseiller d’une association de consommateurs près de chez moi. Je me suis malheureusement rendue à l’évidence que j’étais dans la marge jusqu’au cou et j’ai dû entreprendre les démarches menant à la faillite. » Avec du recul, elle déclare : « Quand j’y repense aujourd’hui, je constate que j’ai été très négligente, même que je me suis caché la tête dans le sable. Maintenant, je refuse toutes sortes de sollicitations, mais ce n’est pas facile de les ignorer, car ils vendent du rêve. Aujourd’hui, j’ai toujours des rêves… mais à la hauteur de mes moyens ! »

Michèle Goyette invite donc la population à profiter de la campagne « Dans la marge jusqu’au cou ! » pour participer aux différentes activités gratuites organisées par les associations de consommateurs. En plus du Défi crédit, auquel peuvent s’inscrire les consommateurs jusqu’au 20 décembre, des ateliers, des conférences, des cafés-causerie et d’autres activités sont offerts partout au Québec. La consommatrice ayant consulté une association de consommateurs pour ses problèmes d’endettement profite également de cette occasion pour interpeler les citoyens : « Je souhaite à tout le monde d’agir maintenant ! Il n’est jamais trop tard pour se reprendre en main financièrement. »

Pour en savoir davantage sur les façons d’éviter d’être dans la marge jusqu’au cou, consultez le site Web de la campagne, au www.danslamargejusquaucou.com. Vous vivez des problèmes d’endettement ? N’hésitez pas à communiquer avec les associations de consommateurs du Québec ou téléphonez sans frais au 1 877 962-2227.

Organisée par la CACQ en collaboration avec les associations de consommateurs du Québec, cette campagne est réalisée avec le soutien administratif et financier de l’Office de la protection du consommateur. Elle est également rendue possible grâce à la contribution de Zoom Média et de Protégez-Vous.

La Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ) est un regroupement de plus d’une vingtaine d’associations de consommateurs, réparties à travers tout le Québec, qui vise la promotion et la défense des intérêts des consommateurs.

JOURNÉE INTERNATIONALE DES CONSOMMATEURS : « LA CACQ EN MODE SOLUTION ! »

Réunis en colloque sur le thème « Le marché de l’endettement : une question d’intérêt ! », à l’initiative de la Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ), les intervenants du mouvement de défense des droits des consommateurs souhaitent souligner la Journée internationale des droits des consommateurs. Ils profitent de l’occasion pour réitérer l’urgence que le gouvernement provincial aille de l’avant avec le dépôt d’un projet de loi visant à moderniser la Loi sur la protection du consommateur (LPC). En effet, les associations de consommateurs désirent que l’ancien projet de loi 24, mort au feuilleton lors du dernier changement de législature, ne tarde plus à être présenté par le nouveau gouvernement.

En plus de cet axe de régulation, les participants au colloque ont également dressé l’évolution historique de la société de consommation actuelle, passant de l’économie de production à la marchandisation des capitaux, appelé l’économie financière. La question de l’endettement sous l’angle des pratiques commerciales et de la littératie financière a aussi été abordée. Il en ressort que, devant le constat de surendettement des consommateurs québécois, la responsabilité d’y faire face doit être partagée par les consommateurs, les acteurs privés et le gouvernement. Ce dernier doit d’ailleurs jouer un rôle d’avant-plan en la matière. « Nous sommes d’avis que seule une conscientisation des citoyennes et citoyens québécois sur ces enjeux socio-économiques pourra faire bouger les décideurs politiques et nous espérons que ce colloque nous ait fait faire un pas dans ce sens », a lancé Isabelle Thibeault, porte-parole de la CACQ.

La Coalition des associations de consommateurs du Québec (CACQ) est un regroupement de plus d’une vingtaine d’associations de consommateurs, réparties à travers tout le Québec, qui vise la promotion et la défense des intérêts des consommateurs. La Coalition porte par ailleurs, depuis quelques années, une revendication auprès de l’OPC et du gouvernement afin que soit adoptée une loi pour interdire la sollicitation et la publicité sur le crédit.

ANALYSE ET COMMENTAIRES DE LA CACQ SUR LE BUDGET QUÉBÉCOIS DU 20 NOVEMBRE 2012

Le gouvernement du parti Québécois prévoit une croissance économique moins forte en 2012-13, relativement à ce que prévoyait le budget libéral de mars 2012, ainsi qu’en 2013-14. Le gouvernement prévoit une hausse des dépenses de programmes de 1,8% entre 2012-13 et 2013-14 (1 149 M$) et une hausse du service de la dette de 8,6% (à 8,6 G$).

Nous approuvons une démarche budgétaire prudente et équilibrée, mais craignons que les réductions de dépenses envisagées, comme les prévisions de revenu, soient d’une part surestimées et ne restreignent l’offre de service et l’accessibilité aux services.

Les contrôles de dépenses en santé : hausse limitée 4,8% en 2013-14, dont 3,4% à partir du fond consolidé), en éducation : indexation de 1,8% du primaire au collégial, et de 2% pour l’enseignement supérieur. On se demande comment le gouvernement pourra augmenter le support professionnel à l’enseignement dans ces conditions ; hausse de 3,2% au Ministère de la famille (malgré une hausse des places en garderie subventionnée de plus de 2% par année) et dans les autres ministères (dont une baisse de 1,1%, ou 121,3 M$, prévue du budget du Ministère de la solidarité sociale et de l’emploi) : tout cela risque fort d’amener une baisse dans les services offerts ou nécessiteront l’application de hausses tarifaires qui nuiront à l’accessibilité de ces services.

Nous craignons à ce chapitre une réduction du soutien à l’OPC et aux organismes de consommateurs (malgré une révision des sources de financement il pourrait y avoir des coupures au SACAIS), qui sont déjà sous-financés et devrait devoir réduire leur offre de services, pourtant essentielle, à la population.

Les modifications à la taxe santé : le gouvernement du Parti québécois proposent de rendre progressive la taxe santé, mais il demeure un certain niveau de régressivité par palier dans sa proposition. Nous nous objectons à cette taxe santé qui demeure une taxe dédiée qui est selon nous superflue et n’améliore pas le financement de la santé ni l’accessibilité des services. Nous sommes d’accord avec la hausse du taux marginal d’imposition de 1,75%, pour les revenu dépassant 100 000$ tel que le proposait la CAQ en campagne électorale, qui rendra notre système d’imposition plus progressif et équitable.

Le budget propose l’abolition de la hausse de 1ç/kWh du tarif patrimonial d’Hydro-Québec. Nous appuyons cette proposition, qui toutefois dépend du sort réservé au budget par les partis d’opposition. Par contre le gouvernement propose d’indexer au coût de la vie le tarif patrimonial à partir de 2014 (2% de hausse équivaut à plus de 90 M$ de revenu supplémentaire pour Hydro-Québec, soit une hausse de près de 1% de la facture d’électricité des consommateurs résidentiels (versus une hausse de 4%/année si le tarif patrimonial avait été haussé de 1ç/kWh sur 5 ans), en sus des hausses amenées par la croissance des autres composantes de coûts d’Hydro-Québec, amenant une hausse de la facture globale d’environ 3% par année, contre une inflation anticipée de 2%/an. Nous rejetons cette indexation qui n’est pas basée sur la hausse des coûts de la production patrimoniale. Nous refusons, si cette indexation est imposée, que les clients résidentiels supportent la hausse qui reviendrait normalement aux grands clients industriels.

Nous appuyons la décision du gouvernement d’élargir le mandat de vérification du vérificateur général aux sociétés d’état, telle Hydro-Québec, pour plus de transparence.

Le gouvernement imposera aux sociétés d’état des efforts budgétaires importants : pour Hydro-Québec : 2 000 postes seraient abolis par attrition. Nous considérons que cela pourrait affecter la qualité et la fiabilité du service d’électricité dans l’avenir. De plus les économies réalisées se traduiraient automatiquement, selon le budget, en profit accru pour Hydro-Québec, ce qui contrevient à l’esprit de la Loi sur la Régie de l’énergie, où les tarifs sont basés sur les coûts de service, dès lors une baisse des coûts d’Hydro-Québec devrait amener une baisse du revenu requis et des tarifs. Par exemple un projet, comme celui des compteurs intelligents, doit amener une réduction de la main d’oeuvre d’environ 700 postes assortie d’une hausse des coûts en capitaux financés compensée par la réduction des coûts de main d’oeuvre. Il serait inéquitable que les consommateurs ne bénéficient pas de ces réductions de frais de main d’oeuvre.

Le gouvernement propose un crédit remboursable pour les activités culturelles des enfants (30 millions en 2017) : le gouvernement aurait du moduler le crédit en fonction du revenu familial afin de faciliter l’accès à des loisirs enrichissants pour les enfants vivant dans les familles moins nanties.

Le gouvernement annonce 3 000 nouveaux logements sociaux, nous considérons cela insuffisant et trop étalé dans le temps, considérant les besoins criants en ce domaine.

Certains aspects du budget sont criticables ou nous laisse perplexe :

  • On nous annonce de nouvelles orientations et un programme visant une plus grande participation au marché du travail des personnes assistées sociales : il faudrait selon nous au préalable rehausser les barèmes d’aide sociale, abolir la discrimination à l’encontre des personnes aptes au travail et assurer l’accès à des programmes de formation de qualité.
  • Le gouvernement semble favorable au programme d’assurance-autonomie en santé : nous doutons que cela constitue une voie équitable et efficace pour améliorer les services aux personnes moins nanties et ayant des problèmes de santé chroniques.
  • Le gouvernement proposera une ambitieuse politique de soins à domicile mais limite pourtant la hausse des dépenses à ce chapitre à 110 M$ pour 2013-2014, sans pour autant améliorer le sort des aidants naturels.
  • Le régime volontaire d’épargne retraite n’est pas la panacée pour améliorer le sort des travailleur à faible et modeste revenus, nous pensons que les employeurs devraient y contribuer et que la Régie des rentes devraient gérer les actifs d’un tel régime.
  • Nous doutons que le congé fiscal de 10 ans, notamment au fond de santé, pour les projets ciblés d’investissement de plus de 300 M$, soit efficace et équitable.
  • Nous saluons l’abandon de la règles de 15 ans pour les médicaments d’origine et les contrôles plus rigoureux des dépenses en médicaments, toutefois les économies réalisées (336 M$ en 2013-2014) devront profiter en bout de ligne aux contribuables. Par contre nous remettons en question les formes d’encouragement de la R&D pour les pharmaceutiques et le recours en la matière aux partenariats public/privé.
  • Le gouvernement doit s’assurer que la hausse de la taxe sur le tabac n’encourage pas le marché au noir des cigarettes.
  • L’étude de SECOR/KPMG montre que les 18 projets dans les infrastructures prioritaires ont connu un dépassement de coûts de 78%, il est souhaitable de mieux contrôler les dépenses d’investissement ; mais on se questionne à savoir si limiter arbitrairement à 9,5 G$/année ces investissements pourrait entraîner des problèmes de sous-investissements dans certains secteurs.
  • Enfin nous encourageons le gouvernement du Québec à faire des pressions sur le gouvernement fédéral pour qu’il rehausse ses transferts, mais nous doutons que le présent gouvernement conservateur accepte d’améliorer la péréquation et sa contribution en santé, préférant réduire son déficit sur le dos des provinces.