24 novembre 2017 – Journée sans achat

La Coalition des associations de consommateurs du Québec invite les consommateurs à être plus futéEs que le crédit et à faire fi des aubaines du vendredi fou.

Ignorons

Dans le coin droit, voici « Black Friday », habillé de couleurs vives et accompagné de musique aux accords du temps des fêtes. Dans le coin gauche s’avance « Journée sans achat » vêtue modestement sur une musique qu’elle a elle-même composée, choisissant ses accords selon ses préférences personnelles. Quel belligérant choisirez-vous ce 24 novembre?

Le dernier vendredi de novembre est le coup d’envoi de la grande période des achats du temps des fêtes. Événement d’abord initié aux États-Unis, cette journée marquée par une importante offre de soldes de la part des commerçants se nomme le «Vendredi fou» ou le «Black Friday». Avec l’amalgame de frénésie et de fièvre du magasinage des fêtes, les consommateurs noyés par cette surabondance d’offres commerciales se retrouvent davantage sensibles à ces incitatifs à la dépense. En réponse à cet événement promotionnel majeur, la Coalition des associations de consommateurs du Québec invite plutôt les consommateurs à ignorer le «Vendredi fou» et à participer à la «journée sans achat» et à poursuivre une réflexion sur leur manière de consommer ainsi que les impacts de cette surconsommation sur leurs finances personnelles. La «journée sans achat» est une initiative canadienne depuis 1992 et lance un appel au boycott du «Vendredi fou» en effectuant aucun achat lors de cette journée.

Un récent sondage Léger révèle que près d’un jeune adulte québécois sur deux (49%), âgé de 18 à 24 ans dit éprouver du stress pour la période des fêtes alors que 42 % des québécoisEs de 25 à 34 ans éprouvent le même sentiment. Chez l’ensemble des québécoisEs, c’est 36 % des personnes sondées qui déclare ressentir du stress pour une raison ou une autre. La crainte de dépasser son budget, la recherche du cadeau idéal, le manque de temps, et l’impression d’avoir trop de choses à faire sont les facteurs de stress identifiés par les répondantEs de moins de 35 ans.

La CACQ déplore le fait que de nombreux québécoisEs se croient encore obligés d’adhérer à cette frénésie de la consommation et se tracassent avec l’idée de ne pas avoir assez d’argent pour passer une agréable période des fêtes.

Pourquoi ne faire les choses différemment cette année? Célébrer autrement que par la surconsommation. Il faut un peu d’imagination et de créativité : en cadeau on peut offrir du temps de qualité, notamment par des sorties, des certificats-cadeau sous forme de services, des petites gâteries cuisinées de ses propres mains. Il suffit de personnaliser l’approche ou l’objet, selon la personne à qui il s’adresse. On peut aussi organiser une soirée de jeux pour s’amuser. Une seule décoration bien choisie, un vêtement coloré et un peu extravagant peuvent mettre dans l’ambiance sans dépenser des sommes folles.

Et si le consommateur choisit quand même le camp du « magasinage », on suggère de planifier et d’être plus futés que le crédit. Il est important de définir les moyens financiers dont on dispose pour le temps des fêtes, sans avoir recours au crédit comme mode de financement. On se fait un budget et on s’y tient pour tout ce qui touche cette période : les cadeaux, réceptions, emballage, nourriture, boisson, déplacements.

La CACQ invitent les consommateurs à partager sur la page Facebook de la campagne «Des communautés plus futées que le crédit» les moyens et les astuces qu’ils ont instaurés pour festoyer en toute quiétude au point de vue financier. Le partage des idées deviendra une source d’inspiration pour les autres consommateurs.

#plusfutéEs

ENDOSSEUR DE PRÊTS : ATTENTION !

Un parent ou une connaissance vous demande d’être endosseur pour un prêt qu’il ou qu’elle veut contracter.

Difficile de dire non me direz-vous d’autant plus que cette personne vous a rendu service à plusieurs reprises par le passé, qu’elle a un bon travail et que jamais elle ne vous mettrait dans le trouble en ne respectant pas ses engagements.

La première chose qui devrait vous inquiéter, est le fait que l’institution bancaire refuse de lui accorder ce prêt sans endosseur. Cela signifie qu’il y a peut-être un problème que vous n’êtes pas en mesure d’analyser. Une situation financière fragile dûe à un emploi trop récent, trop de dettes, manque de revenus ?

D’après notre expérience nous avons constaté que beaucoup de gens ne sont pas conscients de leur réalité financière et ne réalisent pas qu’un prêt n’est peut-être pas la solution qu’ils devraient envisager pour se sortir de leur mauvaise situation.

Sachez que même avec les meilleures intentions du monde, personne ne peut affirmer avec certitude qu’il n’arrivera jamais rien qui puisse mettre en danger les termes d’un contrat signé de bonne foi. La perte d’un emploi, un problème de santé ne peuvent pas toujours être prévus.

Si l’emprunteur ne rembourse pas, l’institution financière exigera de l’endosseur qu’il respecte les termes mensuels du prêt pour lequel il a signé. De quoi mettre à l’épreuve une solide amitié ! Alors réfléchissez-y deux fois avant d’accepter de dépanner un ami ou de demander à quelqu’un de signer et endosser votre emprunt.

L’ équipe du Service budgétaire Lac-Saint-Jean-Est
www.servicebudgetaire.com

LES JEUNES ADULTES QUÉBÉCOIS ET LE CRÉDIT

Dans une société où les consommateurs sont plus endettés que jamais, quelle est la situation des jeunes ? C’est ce qu’ont voulu savoir Marie J. Lachance, Pierre Beaudouin et Jean Robitaille, professeurs en sciences de la consommation au département d’économie agroalimentaire des sciences de la consommation à l’Université Laval. À cette fin, les chercheurs ont mené une étude visant à évaluer principalement l’endettement des jeunes adultes québécois, leurs connaissances et leurs attitudes face au crédit. Cette étude a été financée par la Fondation Claude-Masse. Voici quelques faits saillants tirés des résultats de cette étude.

L’échantillon

  • Quelque 980 jeunes francophones de 18 à 29 ans (âge moyen de 24,1 ans) ont répondu à un sondage téléphonique réalisé en juin 2004. Ces jeunes présentaient un nombre moyen d’années de scolarité de 14,2 ans et plus de la moitié d’entre eux (55,7 %) étaient des femmes. Près de 90 % n’avaient aucun enfant à charge.
  • En 2003, la grande majorité des personnes interrogées soit avait, comme seule occupation, le travail à temps complet 36,6 %) ou les études à temps complet (16,2 %), soit cumulait les deux occupations selon des proportions variables (36,5 %).
  • Enfin, un peu plus de 95 % des personnes interrogées ont déclaré un revenu pour 2003 ; en moyenne ce revenu s’élevait à 20 980 $ et celui du ménage à 29 643 $.

Les dettes

  • Plus de trois personnes interrogées sur quatre (76 %) ont une dette s’élevant en moyenne à 17 705 $ (incluant les prêts hypothécaire et étudiant). Les personnes endettées interrogées cumulent en moyenne 2,2 dettes différentes. Leur dette à la consommation s’élève en moyenne à 5 814 $.
  • Le ratio d’endettement à la consommation (endettement à la consommation / revenu personnel) pour les sujets ayant un revenu de plus de 5000 $ varie entre 0,21 et 0,46. Ce ratio décroît à mesure que le revenu s’élève. La dette à la consommation la plus importante est la dette sur marge de crédit avec 25% des jeunes endettés déclarant un montant moyen de 4220 $.
  • Par ailleurs, près de 75 % des personnes interrogées détiennent au moins une carte de crédit avec une moyenne de 1,9 carte par détenteur et 37 % disposent d’une marge de crédit.

Les connaissances de base en matière de crédit

  • L’ensemble du groupe a obtenu une note moyenne de 49,6 % en répondant à neuf questions portant sur des connaissances de base en matière de crédit. Par exemple, plus de 42 % ignorent que, lorsqu’on utilise une carte de crédit pour obtenir une avance de fonds, des intérêts sont automatiquement chargés à partir du jour du retrait. Enfin, environ 46 % ignorent que des frais d’intérêt sont facturés lorsqu’on paye le montant minimum dû sur le relevé mensuel d’une carte de crédit avant la date d’échéance. De plus, près de 30 % des personnes interrogées ayant une marge de crédit ou au moins une carte de crédit ignorent le taux d’intérêt annuel demandé.

L’attitude face au crédit et à l’endettement

  • Les avis sont partagés. Près d’une personne interrogée sur deux (48,9 %) croit qu’il est normal d’avoir des dettes et, dans une moindre proportion (41,8 %), qu’il ne faut pas avoir peur d’utiliser le crédit. Un peu moins de 4 personnes sur 10 estiment d’ailleurs qu’il y a plus d’avantages que d’inconvénients à utiliser le crédit. En revanche, 36,8 % trouvent que le crédit est synonyme de problèmes et 43 % ne pensent pas que l’utilisation du crédit soit une nécessité. Un aspect fait davantage l’unanimité : 84 % ne croit pas que, grâce au crédit, il ne sert à rien d’économiser pour acheter des biens ou des services.

Les pratiques et perceptions

  • Près de trois personnes interrogées sur dix estiment que la possession d’une carte de crédit les incite à dépenser davantage. D’ailleurs, respectivement 22,4 % et 14,4 % déclarent utiliser le plus souvent possible leur(s) carte(s) de crédit bancaire(s), ou encore leur(s) carte(s) de magasin(s) ou de pétrolière(s). Près de 69 % affirment payer toujours le solde entier de leur(s) carte(s) de crédit avant l’échéance. Par ailleurs, une personne interrogée sur deux se perçoit comme très compétente en matière de finances personnelles, alors que une sur cinq estime le contraire. Enfin, 41,1 % d’entre elles sont d’avis que les personnes de leur âge sont peu compétentes en matière de finances personnelles.

Apprentissages

  • La source d’apprentissage principale en matière de finances personnelles la plus fréquemment rapportée est la famille (37,8 % des personnes interrogées), suivie par l’expérience personnelle (25,4 %) et les cours suivis à l’école ou ailleurs (13,1 %).