QU’EST-CE QUE LE CRÉDIT COÛTEUX ?

Connaissez-vous le crédit coûteux ? Ces formes de crédit sont marginales, utilisées uniquement par des personnes ayant de mauvais dossiers de crédit ou encore sont particulières à la région montréalaise croyez-vous. Eh bien, détrompez-vous car vous êtes peut-être un utilisateur sans en être tout à fait conscient. Possédez-vous une carte de crédit de magasin ? Avez-vous déjà fait affaire avec une compagnie de finance ? Avec un encaisseur de chèques ? Avez-vous déjà ‘’loué pour acheter’’ ? Si oui, vous avez utilisé le crédit coûteux.

On considère ces formes de crédit comme étant coûteuses car leur taux d’intérêt est très élevé en comparaison avec les produits des caisses et des banques qui ont des taux d’intérêt moyen de 12%. Ainsi les cartes de crédit de magasin ont un taux d’intérêt de 28,8 % alors que les prêts des compagnies de finance ont souvent un intérêt de 35 %. Ainsi 100 $ empruntés dans une caisse ou une banque vous coûtera 12 $ d’intérêt, une facture de 100 $ avec une carte de crédit de magasin coûtera presque 29 $ d’intérêt et un prêt d’une compagnie de finance coûtera 35 $ d’intérêt. Du simple au triple.

Est-ce que c’est légal ? Oui, au Canada la limite légale pour un taux d’intérêt est de 60%. On constate toutefois que cette loi n’est pas appliquée. Cependant la loi québécoise considère qu’un taux de plus de 35 % est usuraire.

Toutes ces formes de crédit peuvent sembler pratiques et simples. Cependant, il est important d’y regarder de plus près avant de prendre une décision car il est tentant de tomber dans les pièges du crédit facile. Vérifiez le taux d’intérêt et les autres frais qui peuvent s’y ajouter (assurances, frais de gestion, pénalités). Évaluez toutes les options avant de contracter un prêt de crédit coûteux.

LES ALTERNATIVES AU CRÉDIT COÛTEUX

Vous possédez des cartes crédit de magasin, vous avez acheté des meubles avec la formule « Achetez maintenant payez plus tard ». Vous avez un prêt à 35% d’intérêt d’une compagnie de finance. Si vos tracas financiers vous causent des problèmes, il est temps de réagir.

Tout d’abord, il est important de prendre conscience de ses habitudes de consommation. Par la suite, vous pourrez dresser votre budget, c’est-à-dire, vos dépenses en fonction de vos revenus.

Avant de contracter un prêt, il est important d’évaluer votre capacité réelle de paiement. Informez-vous, comparez les différents produits sur le marché et calculez le coût réel de votre emprunt en y ajoutant les frais d’administration, les pénalités et les assurances.

Le coût d’un prêt peut varier considérablement selon l’institution prêteuse.

Prêt de 1000$ remboursé sur 12 paiements, selon différents types de crédit utilisés.
Prêt personnel d’une caisse ou banque Marge de crédit Carte de crédit Carte de crédit de magasin Compagnie de finance
Taux d’intérêt 8,75% 11,5% 18,5% 28,8% 35%
Intérêts payés 48,08$ 62,41$ 102$ 162,58$ 199,57$
COÛT TOTAL 1048,08$ 1062,41$ 1102,92$ 1162,58$ 1199,57$
Paiement mensuel 87,34$ 90$ 92 $ 97$ 100$

Sources : calculatrice « cout d’emprunt » du bureau de la consommation du canada pour la marge de crédit, la carte de crédit et la carte de magasin. Firme comptable pour les prêts personnels et les prêts de compagnie de finance.

ACHETER À CRÉDIT N’EST PAS GRATUIT

Jamais la sollicitation au crédit n’a été aussi présente. Les offres « 36 versements sans intérêt », « Payez seulement dans 12 mois » ou « Nouvelle chance au crédit » nous laissent croire que le crédit est gratuit et sans conséquence. Pourtant, il n’en est rien. Plus on achète à crédit, plus on hypothèque son budget et sa liberté d’action. On risque aussi de se retrouver dans une situation financière difficile.

D’ailleurs les statistiques démontrent bien que les ménages canadiens sont plus endettés que jamais. Le crédit à la consommation des ménages a augmenté de 29,3% depuis 2000 au Canada. En 2005, celui-ci augmentait deux fois plus rapidement que les revenus moyens des ménages. En fait, les ménages au pays sont endettés comme jamais.

Comment éviter de se retrouver dans une telle situation ? Il faut d’abord faire son budget, c’est-à-dire évaluer ses revenus et ses dépenses mensuelles. En faisant cet exercice, on peut ainsi connaître notre marge de manœuvre financière. Vous arrivez déjà en déficit ? Il faudra alors couper dans vos dépenses pour rééquilibrer votre budget.

Une seule carte de crédit devrait suffire pour combler les besoins courants à condition de payer son solde à chaque mois et d’ainsi éviter les frais d’intérêt. Exceptionnellement, elle pourrait servir à payer des achats importants ou à faire face aux imprévus.

Parlons maintenant de l’achat à crédit. Est-ce la seule solution possible ? Ai-je vraiment besoin de ce bien ? Puis-je attendre à plus tard, le temps d’économiser pour cet achat ? Est-il possible de l’acheter usagé ? Si vous optez pour l’achat à crédit, prenez le temps de lire attentivement les conditions inscrites dans votre contrat, tels les modalités de paiement, la durée du contrat et les montants à débourser en intérêt s’il y a lieu. Notez toutefois qu’en payant comptant, il est parfois possible d’obtenir certains rabais auprès du marchand.

Enfin, la meilleure solution pour éviter le surendettement est tout simplement de dire « Non, merci ! » à la sollicitation. Des paiements sans intérêt ? Une nouvelle carte de crédit à taux réduit ? Ce sont là des incitatifs à l’endettement. Il faut voir clair dans le jeu des émetteurs de crédit.

Si vous vous trouvez déjà en mauvaise situation financière à cause de vos dettes, vous auriez avantage à consulter l’une des nombreuses associations de consommateurs du Québec.

LA TENTATION DU CRÉDIT

« Achetez maintenant, payez plus tard », « Payez en 36 versements égaux, sans intérêt », « Zéro comptant », « Aucun crédit refusé ». Différents types de crédit sont disponibles mais tous n’ont pas le même taux d’intérêt. Certains taux sont très élevés (par exemple entre 18 et 29 % sur les cartes de crédit) et avant de prendre une décision, il serait sage de se renseigner afin d’utiliser le crédit le moins coûteux. Avant de succomber à la tentation du crédit facile, posez-vous les questions suivantes :

  • Ai-je les moyens d’emprunter ? Vous ne devriez pas consacrer plus de 10 à 15 % de votre revenu net au remboursement de vos dettes, excluant le remboursement du prêt hypothécaire.
  • Quelles seront les répercussions de cet emprunt sur ma famille ? Il est conseillé de discuter avec votre famille de votre décision de recourir au crédit et de ce qui vous semble important pour vous assurer une bonne qualité de vie.
  • Combien le bien ou le service m’aura-t-il coûté une fois que j’aurai remboursé la somme prêtée et payé les intérêts ? Vous saurez ainsi si votre achat en vaut le coup. Par exemple, si vous empruntez 500 $ à un taux de 18 % pour acheter un téléviseur, l’intérêt annuel sera de 90 $ ; vous paierez donc au total 590 $.
  • Si ma situation financière se détériorait, serais-je en mesure à la fois d’assurer mes frais de subsistance et de remplir mes obligations financières ? Avant d’emprunter, assurez-vous d’avoir les reins suffisamment solides pour faire face à un imprévu.